Comment faire un déboursé sec en BTP ? Méthode et exemple concret

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Le déboursé sec est un élément fondamental de l’économie de la construction. C’est la base de tout chiffrage dans le BTP, que ce soit pour une entreprise qui répond à un appel d’offres ou pour un économiste de la construction qui contrôle les prix. Comprendre le déboursé sec est indispensable pour maîtriser les coûts d’un projet. BM3E, cabinet d’économie de la construction en Haute-Savoie, vous explique en détail comment le calculer avec un exemple concret.

 

Définition du déboursé sec

Le déboursé sec représente le coût direct de réalisation d’un ouvrage, avant toute marge, frais généraux ou aléas. Il correspond strictement à ce que coûte la mise en œuvre d’un ouvrage élémentaire, ni plus, ni moins. Cette notion est définie dans les référentiels de chiffrage du BTP et constitue la pierre angulaire de toute étude de prix en économie de la construction.

Il se compose de trois catégories de dépenses directes : la main-d’œuvre, les matériaux et le matériel. Le coût direct de production est la première étape du calcul du prix de vente d’un ouvrage.

 

Les trois composantes du DS (déboursé sec)

1. La main-d’œuvre productive

La composante main-d’œuvre du déboursé sec correspond au coût horaire de la main-d’œuvre multiplié par le temps unitaire (ou rendement) nécessaire pour réaliser l’ouvrage. Le coût horaire inclut le salaire brut, les charges patronales et les indemnités (panier, trajet, zone). Le temps unitaire s’exprime en heures par unité d’ouvrage (h/m², h/ml, h/m³, etc.) et provient de l’expérience de l’entreprise ou de bases de données comme les référentiels Batiprix.

2. Les matériaux

La composante matériaux du déboursé sec intègre le coût d’achat des matériaux nécessaires à la réalisation de l’ouvrage, rendus sur chantier (incluant le transport). Il faut prendre en compte les pertes et chutes inévitables lors de la mise en œuvre. Par exemple, pour du carrelage, on prévoit généralement 5 à 10 % de perte selon le type de pose.

3. Le matériel

La composante matériel du chiffrage direct correspond au coût d’utilisation des engins et outillages spécifiques à l’ouvrage. Il peut s’agir de la location d’un engin de levage, de l’amortissement d’un matériel spécifique ou du coût de consommables. Cette composante est souvent la plus faible des trois mais ne doit pas être négligée dans le calcul du déboursé sec.

 

Comment calculer un déboursé sec : la formule

La formule du coût de réalisation est simple :

DS = Main-d’œuvre + Matériaux + Matériel

Chaque composante se calcule selon le principe : quantité unitaire × prix unitaire. Le déboursé sec s’exprime toujours par unité d’ouvrage (€/m², €/ml, €/U, etc.).

 

Exemple concret de calcul de déboursé sec

Prenons l’exemple d’un doublage de mur en plaques de plâtre sur ossature métallique (complexe isolant BA13 + laine de verre 100 mm) pour 1 m² :

Main-d’œuvre : temps unitaire = 0,45 h/m² × coût horaire déboursé = 35 €/h = 15,75 €/m²

Matériaux : plaque BA13 = 3,50 € + laine de verre = 6,20 € + ossature métallique = 4,80 € + visserie/accessoires = 1,50 € = 16,00 €/m² (avec 5 % de perte)

Matériel : visseuse, lève-plaque = 0,80 €/m²

cette notion de prix total = 15,75 + 16,00 + 0,80 = 32,55 €/m²

 

Du déboursé sec au prix de vente

Le déboursé sec n’est que la première étape du calcul d’un prix de vente. Pour obtenir le prix final, il faut y ajouter :

Les frais de chantier (installation, encadrement, nettoyage), les frais généraux de l’entreprise (structure, assurances, comptabilité), les aléas (imprévus techniques), et enfin la marge bénéficiaire. L’ensemble de ces coûts est appliqué via un coefficient de vente (souvent appelé coefficient K) qui multiplie le ce calcul fondamental. Selon la Fédération Française du Bâtiment, ce coefficient varie généralement entre 1,3 et 1,6 selon le type d’entreprise et de marché.

 

Pourquoi le déboursé sec est essentiel pour l’économiste de la construction

Pour un économiste de la construction comme BM3E, la maîtrise du déboursé sec est fondamentale. Elle permet de vérifier la cohérence des offres d’entreprises lors des consultations, de détecter les prix anormalement bas ou élevés, et de réaliser des estimations fiables dès les phases d’études. Le déboursé sec est aussi l’outil indispensable pour l’analyse des avenants et des travaux supplémentaires en cours de chantier.

Besoin d’un accompagnement pour vos études de prix ? Contactez BM3E, économiste de la construction en Haute-Savoie et région Auvergne-Rhône-Alpes.

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